La Bretagne, terre des peintres
 Deyrolle, Portrait de Guillou
Deyrolle,
Portrait de Guillou
Vers 1800, alors que l'art néoclassique est à son apogée, les regards se détournent de l'histoire grecque et romaine et se portent vers le nord de l'Europe.
La Bretagne, plus que toute autre province, devient sur les pas de Chateaubriand, la terre du romantisme : des écrivains et quelques peintres viennent y découvrir les tempêtes à l'assaut des promontoires rocheux, les mégalithes et les particularités d'une culture populaire vivante.

Au milieu du siècle, l'histoire nationale et le Moyen-Age passionnent les artistes qui s'intéressent aussi aux paysages des campagnes françaises et au monde paysan. Par sa configuration la péninsule armoricaine semble encore préservée pour quelque temps de l'uniformisation due à la révolution industrielle. Déjà séduits par les albums de lithographies consacrés à la Bretagne, ils partent à la recherche de nouveaux thèmes d'inspiration mais aussi d'exotisme. Certains ne font que passer comme Daubigny, d'autres viennent à plusieurs reprises comme Corot ou Pelouse, d'autres enfin demeurent chaque année plusieurs semaines comme Eugène Boudin.



A partir des années 1860, le chemin de fer facilite le voyage. Les peintres sont de plus en plus nombreux. Ils établissent en certains lieux privilégiés de véritables colonies artistiques comme à Cancale, Camaret, Douarnenez, Concarneau ou Pont-Aven puis plus tard à Rochefort-en-Terre, au Faoüet ou à Locronan. Les peintures inspirées par la Bretagne deviennent de plus en plus nombreuses chaque année aux salons parisiens.

Au tournant du siècle ces œuvres, souvent de grand format, qui racontent des épisodes de la chouannerie et des légendes ou qui montrent des processions vont se démoder. Dorénavant les peintres peindront minutieusement sur de petits formats, mieux adaptés aux intérieurs bourgeois, des scènes de genre édulcorées.

La relation privilégiée entre la Bretagne et la peinture se poursuivra toutefois sous d'autres formes : déjà en 1888 Paul Gauguin et Emile Bernard avaient inventé à Pont-Aven le synthétisme, première étape de l'art moderne.
Corot, Paysage en Bretagne
Corot,
Paysage en Bretagne


Moret, Paysage de Pont-Aven
Moret,
Paysage de Pont-Aven